Episode 22: Comment j’ai appris l’anglais? 8 stratégies qui marchent

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Ep 22 Comment j’ai appris l’anglais ? 8 stratégies qui marchent


Avant de commencer, sachez que ces stratégies fonctionnent pour moi. Mais, vous, vous devez découvrir vos stratégies. 

Le conseil absolu, c’est trouver ce qui marche pour vous; ça ne marchera que si ça vous plaît. vous n’apprendrez que si vous prenez du plaisir. Si on se force, le cerveau n’apprend pas aussi bien.
Un exemple, si vous aimez lire dans votre maternelle, alors vous aimerez lire dans la langue que vous apprenez:

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« Vous n’apprendez que si vous prenez du plaisir. »

On démarre avec le thème d’aujourd’hui: 8 de mes stratégies.

Les Français me demandent souvent comment j’ai appris l’anglais. Ils sont surpris quand ils entendent mon accent en anglais parce que je n’ai pas un accent français prononcé, et pourtant, croyez-moi, ça n’a pas toujours été le cas. 

Par le passé, j’avais un bon petit accent français, comme on les aime. Je ne prononçais pas les H aspirés, je n’accentuais ni les syllabes toniques, ni le schwa.

Je n’ai pas de talent particulier et ça n’a pas été facile.

Alors, comment j’ai fait ? Je vais vous parler des 8 choses qui ont été les plus significatives dans l’évolution de ma maîtrise de l’anglais.

Bien entendu, ces choses s’additionnent à tout un style de vie, c’est-à-dire une exposition quotidienne à la langue: en écoutant des podcasts, en lisant des livres, en socialisant en anglais, etc. 

Là, je vis en Irlande. Donc, je suis bien exposée à la langue, c’est assez facile. Mais j’ai passé 6 ans en Argentine, puis 4 ans en France; c’était 10 ans de stratégies pour maintenir et améliorer mon anglais.

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En Bref, mes 8 stratégies sont les suivantes, et puis je vous donnerai les détails par la suite. 

(1) Regarder des films en VO (version originale)

(2) Je me suis forcée à penser en anglais

(3) Au début, quand je suis arrivée en Irlande en 2006, j’ai dit tout ce qui me passait par la tête

(4) Je me suis entourée d’anglophones

(5) J’ai appris l’anglais sur l’oreiller, on va parler de ce que ça veut dire

(6) J’ai travaillé mon écriture, la compétence d’expression écrite

(7) J’ai étudié la prononciation

(8) J’ai écrit des transcriptions, c’est-à-dire écrire le texte d’un document audio

 

Donc, je vais développer chacun de ces points, mais d’abord, je vais vous donner un bref aperçu du début de ma relation avec l’anglais. Pour ma part, tout a commencé comme pour beaucoup à l’école, hein ? à l’école française en France.

Mais ce n’a pas été le coup de foudre. Je me souviens même de mon premier cours d’anglais en sixième, au collège. J’avais 11 ans; c’est l’entrée en école secondaire.  Ma première leçon d’anglais au collège, à peine assise, je me suis dit: “oh de toute façon, j’irai jamais en Angleterre donc ça ne m’intéresse pas.

VOCAB : le coup de foudre – love at first sight

C’est assez ironique maintenant, mais oui, à l’époque je n’avais pas conscience des opportunités qu’offrent les langues, ou j’avais pas conscience que ça allait devenir une passion.

J’ai pas aimé cette première introduction à l’anglais pour deux raisons: mes camarades de classe étaient bien meilleurs que moi. J’étais dans une classe internationale, je sais pas pourquoi d’ailleurs, la plupart de mes camarades étaient bilingues allemand/français. Certains avaient des cours en allemand, pas moi. Bref, ils étaient doués en langue; en comparaison je me sentais nulle. Et puis, ma prof de sixième nous avait inventé des noms anglophones pour les cours. Elle m’avait appelé “Nelly”, je n’aimais pas ce nom. 

VOCAB : être nul / nulle en : to be bad at – to be rubbish at

Je raconte ça parce que c’est important de réfléchir à sa connection émotionnelle avec une langue. 

 

La première fois où j’ai eu du plaisir à pratiquer l’anglais, c’est en regardant des films en VO. C’est d’ailleurs mon premier point.

Voici 8 stratégies qui m’ont permis de progresser:

09:26

(1) Regarder des films en VO

 

Quand j’avais 17 ans, j’ai eu accès à la télévision câblée, donc, on pouvait choisir de voir un film en Version Originale au lieu de la version doublée en français. A l’époque, tout était en français à la télévision. Je regardais des films en anglais avec les sous-titres en français. Je trouvais l’anglais cool; j’aimais les sons. Je répétais des phrases. Et quand j’ai commencé la fac (l’université) pour la première, je participais oralement en cours d’anglais. 

VOCAB : la fac / la faculté = l’université

(L’auberge espagnole: film)

Ma connexion émotionnelle avec l’anglais a changé grâce au cinéma et aux séries. Ensuite, j’ai commencé à m’intéresser à comprendre les paroles des chansons en anglais aussi. 

 

Ne sous-estimez pas le pouvoir de l’exposition aux langues grâce à l’art comme la littérature, le cinéma, les séries dans mon cas, et puis la musique.

 

« Ma connexion émotionnelle avec l’anglais a changé grâce au cinéma et aux séries.»

11:00

(2)  Je me suis forcée à penser en anglais

 

Après ma licence, j’ai décidé de partir vivre en Irlande. J’ai travaillé 6 mois à plein temps pour économiser dans le but de pouvoir m’installer à Dublin. Pendant ces 6 mois, j’ai intensifié mon exposition à la langue, mais surtout, je me suis forcée à penser en anglais. Pas tout le temps, mais quand j’étais seule, je me forçais à penser, à dire des phrases dans ma tête, à penser en anglais. Des choses bêtes et sans importance, parce que j’avais un niveau pré-intermédiaire A2, par exemple je pensais à ce que je faisais, dans ma tête, je me disais: “I’m going up the stairs”, “I’m hungry”; “I need to go now”. 

VOCAB : une licence : an undergraduate degree, a Bachelor’s degree

 

Ce sont des phrases simples, mine de rien, ce sont des pensées en anglais.Mais laisser une langue entrer dans les pensées intimes peut avoir un grand impact sur notre apprentissage puisque ça veut dire que déjà, on accepte la langue et on utilise la langue pas seulement pour communiquer avec les autres, mais aussi pour penser, pour communiquer avec nous-mêmes, donc ça c’est important.

 

Nolwenn, 21 ans en Irlande

13:50

(3) J’ai dit tout ce qui me passait par la tête

 

C’est-à-dire, je disais tout ce que je pensais. 

Je suis partie vivre à Dublin en janvier 2006 et j’y suis restée un an. Quand je suis arrivée, j’avais peur de parler, mais je me suis dit qu’il fallait que je parle autant que possible, ne pas laisser la peur m’immobiliser. Je me suis lancée. Je me souviens de la première semaine à Dublin, je suis restée dans la colocation /coloc de mon cousin, il y avait un mélange d’Irlandais et de Français. J’ai posé plein de questions et je disais tout ce que je pouvais, des choses sans importance: “I like this beer”; “this movie is so sad”… Ses colocs, ses colocataires étaient adorables parce qu’ils m’encourageaient même si je disais des trucs pas forcément intéressants. Ils écoutaient,ils me répondaient, ils réagissaient.

VOCAB : un colocataire, un coloc: a housemate

Je sais que c’est dur d’être réduit à des phrases simplistes, mais en utilisant cette stratégie, j’ai vaincu ma peur de parler. C’est une erreur que j’ai faite en espagnol parce que quand je suis partie vivre en Argentine, je n’ai pas fait ça. Je n’ai pas utilisé cette stratégie et donc j’avais peur de parler.

Mes colocs et moi 

(4) Je me suis entourée d’anglophones

 

C’est sûr, quand on vit dans un pays étranger, c’est plus facile de s’immerger dans une langue étrangère. Mais, attention, même dans un pays étranger, on peut vivre dans une bulle francophone ou bien dans une bulle de sa langue maternelle. Je le vois tout le temps, peu importe le pays, il y a des gens qui s’isolent dans leur langue. En Irlande, j’ai cherché une colocation où il n’y avait pas de Français. J’ai trouvé un travail où je devais parler anglais. J’aurai pu travailler dans un call center et travailler en français. Et puis, j’ai pris des cours du soir en anglais pour améliorer en même temps. J’ai un très bon souvenir de ces cours d’anglais, c’était deux fois par semaine. C’était très cool.

VOCAB : peu importe: no matter, never mind

Cette période a été géniale parce que je sortais, je découvrais une nouvelle culture, je vivais avec des jeunes de pleins de nationalités différentes. Mais, ça a été très difficile aussi, ça a été un vrai challenge, surtout travailler en anglais. Je me rappelle, c’était vraiment difficile d’essayer de comprendre, d’essayer de m’exprimer. J’étais vendeuse, donc il fallait utiliser la langue pour vendre. Ça a été très difficile, mais ça m’a permis de progresser. Se créer un univers dans la langue; être sûr d’avoir un environnement dans lequel on peut utiliser la langue. 

VOCAB : vendeur- vendeuse: sales assistant

 

C’est plus difficile quand on vit dans son pays natal. Mais il y a des stratégies à adopter également. Quand je vivais en France, j’ai adopté les stratégies suivantes: j’ai rejoins un groupe de théâtre anglophone; je regardais des films et j’écoutais des podcast ou des livres audio en anglais. Et j’avais un cercle d’amis anglophones. 

 

Nolwenn, 21 ans en Irlande

 17:08

(5) J’ai appris l’anglais sur l’oreiller

 

Alors, c’est une expression ! Ce n’est pas à la portée de tout le monde évidemment ! Apprendre une langue sur l’oreiller veut dire qu’on se met en couple avec un natif d’une autre langue, donc de la langue que vous voulez apprendre. C’est pas forcément le but bien sûr mais ça peut avoir des conséquences bénéfiques. Dans mon cas, j’étais en couple avec un Irlandais pendant 4 ans. Partager son quotidien et devoir communiquer en anglais dans une relation est une excellente manière d’apprendre, mais, c’est pas la manière la plus facile de développer une relation à cause des malentendus fréquents.

En ce moment, j’ai beaucoup d’élèves qui sont des étrangers en France qui sont en couple avec des Français, mais leur relation n’est pas forcément en français, donc ça ne marche pas dans ce cas là. C’est mieux si on parle 100% dans une langue ou si on trouve un bon équilibre. Mais les relations multiculturelles ont leur lot de difficultés. Il faut savoir que parfois une relation commence dans une langue; c’est pas forcément facile de changer. C’est un autre défi. Mais en tout cas, moi pour ma part, ça m’a bien permis de progresser. 

 

Si vous écoutez l’épisode 20 de ce podcast, Michelle Danielle (heart of English) qui est canadienne anglophone parle de sa relation avec son mari qui est francophone. Ils ont trouvé un bon équilibre entre les deux langues. 

 

PGCE 2010, University of Nottingham

(6) J’ai travaillé mon écriture quand j’ai dû passer l’examen IELTS


Après l’Irlande, je suis partie vivre à Nottingham, en Angleterre. J’ai travaillé pendant deux ans dans divers boulots. Là, j’avais un niveau intermédiaire, mais je sentais que je stagnais. J’arrivais plus à progresser. J’ai eu le projet d’étudier à l’Université de Nottingham, et donc je devais passer l’examen IELTS pour pouvoir être acceptée. Si vous voulez étudier en Angleterre, il faut passer l’examen IELTS. Il y a un niveau minimum pour pouvoir rentrer. Je crois qu’aux Etats-Unis, le TOEFL est plus important.

J’ai pris un cours préparatoire à l’examen. Et là, ça a été incroyable; ça faisait 3 ans que je vivais dans des pays anglophones, 3 ans que je parlais anglais couramment, mais je n’écrivais pas. C’était une grande erreur. 

En peu de temps, grâce à ce cours (quatre heures par semaine pendant 3 ou 4 mois), j’ai passé un niveau. Je me suis améliorée d’un niveau dans toutes les compétences. Je suis passé du B1 au B2 à l’écrit, et du B2 au C1 à l’oral. Parce que quand on travaille l’écrit, on améliore l’oral. 

C’est là où j’ai réalisé que l’écriture est en fait la compétence qui permet vraiment de s’améliorer; ça permet d’améliorer les fondations.


« L’écriture est la compétence qui permet de s’améliorer.»

 

 21:14

(7) J’ai étudié la prononciation

 

On reprend: j’ai appris les bases de l’anglais à l’école. Je suis partie en Irlande en 2006. J’avais un bon petit accent francophone et ça m’allait très bien. 

C’est en Argentine où j’ai voulu améliorer ma prononciation. Pourquoi? parce que tout simplement parce que j’étais prof d’anglais là-bas. Je voulais pouvoir enseigner la prononciation. J’ai passé le TEFL qui est une certification pour devenir prof d’anglais: Teaching English as a Second/Foreign Language. 

A travers ce cours, j’ai dû revoir toutes les bases de la langue anglaise que je maîtrisais bien, mais, je n’avais jamais étudié la prononciation. Et là, ça m’a ouvert les yeux; avant je pensais qu’on était soit bon soit mauvais en prononciation. Mais en fait, et bah, il suffit de l’étudier. C’est comme tout, ça se pratique.

Ici, il est important de noter que j’ai fait le choix de perdre mon accent français. Comme j’allais enseigner l’anglais à des hispanophones en Argentine, j’avais envie de perdre mon accent français et d’avoir un accent plus “anglais” ou du moins international.  J’en parle en détail dans une vidéo que j’ai publiée sur Youtube, je mettrai le lien dans les notes.

(VIDEO YOUTUBE ci-dessus)

Il ne faut pas confondre l’accent et la prononciation. On peut avoir une prononciation claire avec un accent étranger; ce sont deux choses différentes. Avant d’enseigner l’anglais, je n’avais aucune intention de perdre mon identité française. J’aimais bien mon accent français. Ici, le perdre a été un choix conscient. 

 

 Vous pouvez vous poser la question. Pour vous, c’est important ou pas ? C’est un choix.

 

« Il ne faut pas confondre l’accent et la prononciation.»

 

(8) J’ai écrit des transcriptions

 

J’ai écrit un post récemment sur mon compte Instagram d’ailleurs.

Comme j’étais prof d’anglais à Buenos Aires, je créais beaucoup de matériel pédagogique basé sur des vidéos, des conférences, des scènes de film etc. Et donc, j’ai commencé à faire de la transcription pour préparer mes cours; et là, révélation: c’est un excellent outil pour apprendre les langues. 

VOCAB : un outil: a tool

Alors, oui, écrire la transcription d’un document peut être extrêmement ennuyeux, j’ai envie de dire un mot un peu grossier mais très courant: c’est chiant !!!!! C’est chiant parce qu’il faut être patient. Mais, c’est vraiment utile dans l’apprentissage d’une langue.

VOCAB : chiant – chiante (familier, grossier): really annoying, really annoying

Souvent, on pense qu’on comprend, et c’est vrai on comprend souvent ce qui se dit, mais on comprend en gros, on comprend l’idée générale. On ne fait pas attention aux détails.

C’est normal, le cerveau n’a pas besoin de faire attention à chaque détail d’une phrase pour comprendre, même dans la langue maternelle. Naturellement, on ne prête pas attention aux petites choses comme les prépositions, les articles. Et puis, souvent on entend pas les mots qu’on ne connaît pas. On comprend l’idée, donc ça nous suffit mais en fait on ne comprend pas tout.

D’ailleurs, quand on apprend un mot nouveau, tout d’un coup on l’entend partout. C’est normal, c’est parce qu’on peut l’identifier.

Quand on écrit la transcription d’un document, on doit écouter et réécouter une phrase plusieurs fois, et là on doit se concentrer sur chaque détail. C’est une pratique extrêmement bénéfique pour l’apprentissage d’une langue, encore une fois c’est pas très amusant, certes, mais bénéfique.

 

Voilà, j’ai parlé des 8 stratégies les plus utiles qui m’ont permis d’apprendre l’anglais. Ce sont pas les seules, mais ce sont les plus impactantes. 

Racontez-moi quels ont été les événements significatifs dans votre apprentissage d’une langue, pas forcément de l’anglais, ça peut être l’apprentissage du français ou d’une autre langue.

 

On se retrouve la semaine prochaine !

 

Nolwenn Gautier

Prof de français depuis 2010

Ici, je vous propose de réfléchir à  comment développer une relation positive avec le français et les langues en général.

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