Cours de français

Episode 29 Pourquoi je suis snob en français ?

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Master the French mode: le SUBJONCTIF

Ep 29 – Pourquoi je suis snob en français ?

 

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Une petite parenthèse : 

L’épisode d’aujourd’hui est sponsorisé par Story Learning C’est vrai, Olly Richards et moi-même sommes sur le point de donner le coup d’envoi de notre défi français de 30 jours pour le mois de mai. 

 

Et ce mois-ci, c’est le SUBJONCTIF qui est à l’honneur. Si vous avez du mal avec le subjonctif, c’est le défi qu’il vous faut.

Olly Richards vous enseigne le français à travers des histoires et je suis là pour vous aider avec la grammaire. Perso, j’ai créé beaucoup de cours digitaux avec Story Learning, et celui-là c’est mon préféré !  

 

INTRODUCTION

Aujourd’hui,  je veux parler d’un sujet qui n’est pas facile à aborder. Les raisons pour lesquelles ce n’est pas facile d’en parler sont les suivantes :

          d’abord parce que je vais partager quelques expériences personnelles,

          et puis aussi parce que ce n’est pas politiquement correct de parler de ce thème. Du moins, c’est un sujet avec lequel je ne me sens pas à l’aise.

Je veux parler d’être “snob”. Ma question est : Pourquoi je suis snob en français ? On peut aussi dire : Suis-je snob seulement dans ma langue maternelle ? Ou bien, est-ce que je suis snob dans toutes les langues ?

 

VOCAB :  snob – posh

 

Dans cet épisode, j’explore comment l’apprentissage des langues étrangères, le fait de vivre à l’étranger et les rencontres avec des étrangers m’ont permis d’échapper à certaines pressions sociales que celles-ci soient réelles ou bien imaginées. Parfois, on imagine des pressions sociales, on se crée des pressions.

 

Je souhaite aussi parler de mon inclinaison selon moi, plus forte en français à avoir des préjugés. C’est vrai que je suis plus à même de percevoir les subtilités linguistiques liées aux milieux sociaux en français.

 

Suis-je snob uniquement dans ma langue maternelle ?

J’ai dit que ce n’était pas un sujet facile à aborder, pourquoi ?

Tout d’abord, je suis une introvertie. Quand j’étais plus jeune, seuls les extravertis étaient cool, mais j’ai l’impression que le monde accepte mieux et est plus conscient de la diversité des personnalités.

 

Je suis aussi une personne qui a du mal à dire non, qui veut faire plaisir aux autres et qui n’aime pas, comme on dit en français créer des vagues – c’est-à-dire entrer en conflit. Même si j’évolue et que je m’améliore à ce niveau-là, j’ai tendance à ne pas dire tout ce que je pense si je sens que ça va générer une ambiance moins sympathique.

 

L’une des façons d’éviter les conflits est d’éviter de dire ce que l’on pense, ou d’éviter les sujets sensibles.

 

C’est vrai que c’est plus facile maintenant avec l’âge, avec les expériences, notamment après avoir vécu en Argentine pendant 6 ans, où je sens qu’il y a une culture du dialogue et de l’échange d’idées sans nécessairement essayer de convaincre l’autre (à l’exception de certains sujets comme la politique ou le football).

Ou bien après mon expérience d’avoir vécu plus d’un an et de vivre encore aujourd’hui dans un van aménagé un peu en dehors de la société.

 

Je sens que je peux oser dire ce que je pense et explorer des sujets qui sont sensibles, et c’est exactement ce que je vais faire aujourd’hui.

Snob

DEFINITION : « SNOB »

Tout d’abord, définissons le mot “snob.”

En anglais c’est “posh” – ce qui me fait penser évidemment à Posh Spice, Victoria Beckham dans les Spice Girls – qui était d’ailleurs ma préférée ;  en français les traductions sont: snob, chic, BCBG – bon chic – bon genre

 

La définition du dictionnaire: quelqu’un de snob, c’est une personne qui admire et imite les manières, les goûts, les modes des milieux dits distingués, c’est-à-dire on parle de la classe sociale supérieure ou de quelqu’un qui s’apparente à la classe sociale supérieure.

 

Attention, on ne parle pas de morale, de personnalité ou de qualité humaine. On parle purement ici des apparences sociales. D’ailleurs, on peut être snob tout en faisant partie techniquement de la classe populaire. Il y a certains codes sociaux.

Je pense que ce qui définit quelqu’un de snob, c’est la façon dont vous vous habillez, vos manières, la façon dont vous bougez, comment vous vous comportez et bien sûr c’est la façon dont vous parlez – votre langage, votre accent, vos intonations, le choix de vos mots peuvent déterminer si vous passez pour snob.

Les pays ont des accents, mais ensuite les régions ont des accents, mais aussi les classes sociales ont des accents et les générations. Il y a tellement d’identité dans votre discours.

 

La question, c’est : Suis-je snob seulement dans ma langue maternelle ? Donc, je dis clairement : Je suis snob, n’est-ce pas ? Mais en fait, je ne me considère pas fondamentalement comme snob.

 

Imaginons, une échelle de 1 à 10. 10 c’est la reine d’Angleterre (paix à son âme). Bon, bah clairement, je suis loin d’être aussi distinguée que la royauté.

 

Ce que je veux dire, c’est que tout le monde va rencontrer des gens qui sont plus ou moins snobs qu’eux, peu importe où on se situe sur l’échelle de 1 à 10 du snobisme.

Donc, je prends en compte mon niveau personnel de snobisme, et je pense qu’il évalue en français qu’en anglais ou qu’en espagnol. Pourquoi ? On en parle.

 

Les ACCENTS ET les CLASSES SOCIALES

J’ai mentionné Posh Spice plus tôt, mais parlons de son mari.  Saviez-vous que David Beckham avait autrefois un accent qu’on appelle cockney et qu’au fil des ans, il a développé un accent britannique plus standard ?

Dans un rapport de la BBC, il a été dit que des universitaires de l’Université de Manchester pensaient que David Beckham avait changé son discours pour paraître moins issu de la classe ouvrière, de la classe populaire.

Autrefois, il avait un accent cockney qui était associé, ou qui rappelait la classe ouvrière.

VOCAB :  la classe ouvrière, la classe populaire –  working class

Et maintenant, son accent ressemble davantage à l’anglais standard. La prononciation standard ou neutre, appelée Received Pronunciation, qui peut être considérée comme étant d’un niveau plus distingué qu’un accent local comme celui de Cockney. De nos jours, je ne sais pas si c’est toujours vrai. Il y a quelques années, d’après le reportage de la BBC c’était certainement le cas.

 

Il est tout à fait plausible de penser que David Beckham a délibérément changé son accent pour paraître plus sophistiqué, plus élégant afin de pouvoir être plus commercial, apparaître dans des publicités télévisées et vendre sa marque…

Mais, c’est vrai aussi que David Beckham a beaucoup voyagé, il a vécu aux États-Unis pendant plusieurs années, toute personne vivant dans un environnement différent est susceptible de connaître des changements dans son discours, dans son accent, que ce soit conscient ou non. C’est drôle comment l’accent revient en visitant des proches ou en retournant dans sa ville natale.

Ce qu’on peut retenir en tous cas, c’est que la façon dont quelqu’un parle amène les gens à les catégoriser dans une classe sociale. Dès qu’on entend quelqu’un parler, tout de suite, on a une tonne d’information non dite, on imagine son origine, sa classe sociale, son âge, etc. 

 

 

Podcast en français

EST-CE QUE MA FAMILLE EST SNOB ?

On va parler un peu de mon arbre généalogique. C’est là où je vais partager  quelques informations personnelles. Je ne viens pas d’une famille particulièrement aisée. Je viens de la classe moyenne.

 

VOCAB :  un arbre généalogique  – a family tree / Aisé – wealthy

 

Mais si vous remontez le temps jusqu’à mes ancêtres du côté de ma mère, certains d’entre eux ont eu la tête tranchée, ils ont été guillotinés pendant la révolution française parce qu’ils étaient aristocrates. Ils faisaient partie des nobles. C’est vrai, ça remonte à très longtemps, mais beaucoup de traditions et de coutumes ont été transmises de génération en génération. Ce que je veux dire, c’est que dans ma famille élargie, mais aussi dans ma famille proche je suppose, il y a des attentes et en particulier en termes de langage.

 

VOCAB :  la famille élargies– relatives or extended family

 

On m’a appris à bien parler et je suppose à parler de manière distinguée, il n’était pas questions de faire des fautes de français, d’utiliser certains mots. Un autre exemple de notre éducation, à table, on devait suivre l’étiquette : pas les coudes sur la table, finir son assiette même quand on n’aime pas ça, bien placer les couverts, etc. Cela dit, par rapport à certains de mes cousins, mes parents étaient un peu plus relax.

 

Ma mère a épousé mon père qui ne vient pas d’une famille historiquement noble, cela dit, ils sont distingués, même je dirais en apparence plus que la famille de ma mère, mais en termes d’histoire, mes ancêtres paternels  n’étaient pas des aristocrates, et par conséquent, je sais que certains membres de la famille de ma mère regardaient mon père de haut à cause de ça. Je trouve ça ridicule ; mais c’est triste, c’est la réalité, encore de nos jours, les origines des ancêtres mêmes lointains compte pour certains.

 

VOCAB :  regarder de haut , mépriser – to look down on

 

Personnellement, je pense que ce sont des conneries.  Je suis un peu grossière – et donc pas très distinguée j’imagine.

 

VOCAB :  des conneries – bullshit

 

Même si je sais que les apparences ne sont pas importantes, je dois quand même lutter contre cette croyance, la petite voix dans le creu de ma tête qui me dit que je devrais épouser quelqu’un d’aristocrate, ou plutôt dans mon cas, puisque je ne me suis pas mariée, que je devrais être en couple avec quelqu’un qui ait toutes les caractéristiques d’un snob.

C’est difficile de se libérer des attentes sociales. Je le fais mais il y a toujours une partie de moi qui se soucie de ce que les gens pensent.

Je vais développer cette idée.

 

LA PRESSION DE SE MARIER DANS SA PROPRE CLASSE SOCIALE

 

Dans ma famille, comme dans tant d’autres familles ou cultures, dans le passé, il fallait se marier dans sa classe sociale. Je dis dans le passé, mais en réalité, encore de nos jours.

Il y a quelque chose appelé dans la culture française la “particule”. En anglais, on l’appelle “the aristocratic particle” –  la particule aristocratique.  Qu’est-ce que c’est ? C’est la préposition “de” ou “d’” qui vient avant le nom de famille. Deux petites lettres qui étaient le symbole de votre statut d’aristocrate ou non.

Je vais vous donner quelques exemples : Jean de La Fontaine, Charles de Gaulle, Jeanne d’Arc. Seul le roi pouvait donner ce titre. Jusqu’à une certaine époque, au XVIIe siècle, il me semble, où les plus riches et influents pouvaient également acheter le titre de noblesse.

Pour être considéré comme noble, non seulement vous deviez avoir la particule, mais il était préférable de l’avoir gagnée auprès du roi. On pourrait penser que c’est archaïque de nos jours, mais je peux vous assurer que cela reste d’actualité pour beaucoup de gens.

La famille de mon père n’avait pas de particule ; mon nom de famille est Gautier. Ce n’est pas “de Gautier”. Je suis fière de mon nom de famille et j’ai toujours pensé que c’était ridicule d’être jugé sur son nom de famille. Pourtant, en grandissant, j’ai ressenti quelques pressions quant au choix de mon éventuel compagnon.

VOCAB :  en grandissant – while growing up – un compagnon – une compagne – a partner

Et je me suis petit à petit rendu compte que mon choix de partir vivre à l’étranger et d’avoir tendance à fréquenter des étrangers, était une manière d’échapper aux contraintes de la culture familiale.

Je vais vous donner un exemple concret. Il y a des personnes dans ma famille qui se soucient beaucoup de la classe sociale et de la fameuse “particule.”  Pourtant, quand j’avais la vingtaine, j’ai présenté mon petit ami (de l’époque) qui était irlandais à ma famille, là je parle de la famille élargie : les oncles, les tantes, les cousins …

 

Nolwenn

 

LA PERCEPTION DE L’ACCENT

Mon petit ami irlandais était de la campagne. Son père était fermier. Il était très campagnard. Il a grandi dans une petite ville, dans une ferme. Il faisait des erreurs en anglais, il utilisait des expressions caractéristiques de la classe ouvrière.  Mais, il a été accepté dans ma famille même par les plus snobs ; je pense que c’est parce qu’il n’était pas français et personne ne pouvait être conscient de sa culture linguistique, je veux dire sa façon de parler ne pouvait pas être lue, évaluée ou jugée.

 

Maintenant, s’il avait été français et avait parlé en français de manière équivalente, je suis sûre que les réactions de certaines personnes auraient été très différentes.

Donc, comme il était étranger, personne n’était conscient de sa culture linguistique. Par personne, je veux dire, même pas moi.

 

J’en étais consciente mais je ne le ressentais pas parce qu’à l’époque, je ne pouvais pas le percevoir non plus. Mon niveau d’anglais ne me permettait pas d’identifier les caractéristiques linguistiques du niveau social. Même si je connaissais sa famille, son origine, je n’ai jamais eu conscience d’un quelconque statut social associé à son langage. Je l’ai simplement considéré comme il était et j’aimais sa façon de parler. J’aimais son accent et son choix de mots et mon anglais s’est beaucoup amélioré grâce à lui.

 

VOCAB :  quelconque – indéterminé– some

 

Je tiens à préciser que j’avais quand même conscience des différences d’accents. Il y a des accents qui me plaisaient plus que d’autres même quand j’avais un niveau intermédiaire.

Entre parenthèses il y a là matière à un autre épisode : le degré d’attirance que vous ressentez pour tel ou tel accent et pourquoi. Une de mes amies a fait partie d’une recherche sur ce thème en Amérique latine. C’est un thème fascinant.

 

En tout cas, je trouvais l’accent de mon copain charmant. Mais, encore une fois, je n’étais pas réceptive aux caractéristiques de son accent qui pouvait dénoter un statut social.

 

C’est quelque chose que je rencontre souvent ici en France. Je vois des étrangers ou des étrangères qui viennent d’une classe plutôt aisée, qui sont très distingués et qui sont en relation avec un ou une Française native qui vient d’une classe plus populaire.  Je me demande s’ils en sont conscients.

 

Ce n’est pas que je pense que la classe sociale importe, moi-même, je suis dans ce cas-là, je suis en couple avec quelqu’un qui ne vient pas de la même origine sociale. Je me demande ce qui se passerait si nous étions capables de nous désensibiliser des préjugés qui prennent naissance dans la perception du langage.

 

Maintenant, quand je pense au passé, et que je considère mes relations amoureuses significatives, c’était toujours avec des hommes qui venaient d’un milieu social différent. Aucun d’entre eux n’était “snob” ou issu d’une famille aristocratique… Mais c’était principalement des étrangers. Au final, être en couple avec un étranger est un moyen d’échapper aux pressions sociales et aux contraintes. C’est comme un laissez-passer, un pass.

 

Mais le fait est qu’avec le français, je suis extrêmement sensible aux accents, aux intonations et au vocabulaire. Il y a des mots qui déclenchent une réaction physique.

 

Et c’est ce qui n’est pas politiquement correct : il va être difficile de dire que lorsque j’entends des gens utiliser certains mots ou parler avec certaines intonations qui se situent à l’extrême du spectre des registres de langue, qu’il s’agisse d’un style ouvrier ou d’un style extrêmement huppé, c’est-à-dire très snob, je me sens mal à l’aise.

 

Je n’aime pas ça. J’ai même envie de me boucher les oreilles et de crier pour couvrir les sons, j’ai envie de crier : arrêtez de dire ça ! Ne parle pas comme ça ! C’est presque un réflexe physique, comme le rejet et c’est terrible quand j’y pense.  J’ai honte de ce sentiment. Je le cache, mais c’est la vérité. Je n’en suis pas fière. 

 

Hier, j’ai vu une vidéo sur youtube de quelqu’un qui demandait à des passants dans Paris : quelle était l’erreur linguistique que les Français faisaient et qu’ils ne supportaient pas ?

Quand les passants répondaient à cette question, leur langage corporel communiquait du dégoût. On voyait le rejet, l’irritation. C’est vraiment quelque chose qu’ils ne supportent pas.

 

VOCAB :  supporter – to stand, to bear

 

Quelqu’un a dit qu’elle ne supportait pas quand les gens disaient – par exemple “la mère à Sophie”. Pour dire Sophie’s mother, en français, l’appartenance est exprimée avec le préposition “de”. La mère de Sophie. Mais certaines personnes disent : la mère à Sophie.  Grammaticalement c’est incorrect, ça n’a pas de sens, mais c’est utilisé fréquemment, ça dépend des régions et de la couche sociale.

 

En anglais, c’est pareil. Il y a des erreurs communes et colloquiales comme par exemple, ce qui me vient à l’esprit c’est de dire: “them bags” au lieu de “these bags”. Pour dire ces sacs, au lieu d’utiliser l’adjectif démonstratif “these or those”, en français: ce/cet, cette, ces; certains utilisent le pronom tonique ou le pronom objet “them”, donc eux ou elles, en français on a le pronom objet les ou leur, en français. Si je dis: “eux sac” ou “leur sac”, c’est pas pareil que “ces sacs”. Mais, “them bags” même si c’est pas correct, on comprend.

 

 

Jordan peterson

LA THÉORIE DU HOMARD

Pourquoi est-ce qu’on éprouve un sentiment si fort, pourquoi est-ce qu’on est si sensible à certains mots, à des caractéristiques linguistiques ?

 

Ou peut-être devrais-je parler de réaction émotionnelle plutôt que de réaction physique.

J’ai une théorie. Ce n’est qu’une théorie, mais elle a été inspirée par le travail de Jordan Peterson.

 

Est-ce que vous connaissez Jordan Peterson ? C’est un psychologue clinicien canadien. Il a écrit plusieurs livres très populaires, dont un en particulier, c’est un livre incroyable que je recommande, il s’appelle 12 règles pour une vie (2018).

 

Et dans ce livre, Jordan Peterson explique notamment que le statut social est au cœur de l’attraction, de l’attirance, du charme. Il parle de la relation entre le dégoût et le charme.

Par statut social, il entend la combinaison de nombreux facteurs différents qui incluent l’apparence physique, la profession, les revenus, le niveau de langage, l’âge et il y en a beaucoup d’autres. Il a utilisé l’exemple de l’application de rencontre Tinder, où nous jugeons instantanément les gens sur des aspects très limités tels que l’apparence physique. Nous ressentons de l’attirance ou de la répulsion, du dégoût lorsque nous voyons un profil Tinder. Nous décidons instantanément si quelqu’un est un partenaire potentiel alors que les informations sont très superficielles.

 

Dans les séries ou les films américains, j’entends toujours les gens se juger sur une note de 1 à 10. Elle, c’est un 10, lui, c’est un 6, etc.

 

Je pense par exemple au film Don Jon (Don Juan) de Joseph Gordon Levitt, un film de 2013. Le personnage principal rencontre une femme en boîte de nuit. C’est l’actrice Scarlett Johansson et tout de suite, il dit qu’elle est un 10. 10/10 parce qu’elle est magnifique. Elle de son côté, quand ils commencent à sortir ensemble, le pousse à prendre des cours du soir, pour obtenir un meilleur boulot. Elle trouve que son boulot actuel n’est pas assez bien. Elle veut qu’il monte sur l’échelle sociale.

 

Pour moi, donner une note sur 10 à quelqu’un, c’est politiquement incorrect. Il ne me viendrait jamais à l’esprit de dire ça en français, non pas que les Français ne ressentent pas ça, mais ils ne le disent pas à voix haute et on a pas cette échelle, ce mode de référence.

Peterson disait : imaginez que vous êtes un 8, peu importe ce que cela signifie, et que vous devez amener une personne à un événement social où vous y trouverez tous vos amis. Et la personne que vous amenez est quelqu’un que vous considérez comme un 5. Comment est-ce que vous vous sentiriez ?

 

Vous seriez peut-être gêné, embarrassé. Peterson explique que vous auriez honte à cause de l’effet miroir. Le fait d’être en couple avec un 5 alors que vous êtes un 8 diminue la valeur de votre perception personnelle de votre propre statut social.

 

Il explique que le fait de diminuer dans la hiérarchie, de descendre dans l’échelle du statut social est synonyme de mort. Ceci est tiré de la théorie du homard de Jordan Peterson que je ne pourrai pas développer ici. On a pas le temps.

 

VOCAB :  un homard – a lobster

 

Mais en bref,  historiquement parlant, c’est dans nos gênes, on est instinctivement attiré par les gens qui ont un statut social élevé parce qu’ils sont plus en capacité de survivre.  C’est une théorie qu’on retrouve aussi dans le livre The evolution of desire de David Buss.

 

Le statut social, qui varie selon les époques et les cultures, a un impact sur l’attirance. Un exemple concret, une femme va avoir tendance à chercher un partenaire qui peut lui offrir la protection que ce soit la protection physique, ou la protection économique. C’est ancré dans nos gênes. On peut passer outre. On peut faire des choix différents. Mais on ne peut pas nier l’influence de milliers d’années sur nos instincts. Si on a le choix, instinctivement on préfère monter plutôt que descendre sur l’échelle du statut social.

 

VOCAB :  passer outre – to ignore, to carry on regardless – nier – to deny

 

Si je reviens à mon cas personnel. Je ne sais pas où je me situe sur l’échelle de 1 à 10, là n’est pas la question. Mais en pensant à ma famille, pendant des générations, le statut social a beaucoup compter, et là les facteurs qui comptaient étaient : les ancêtres (particule ou pas), le statut économique et le comportement dont la façon de parler.

 

 

Tous ces facteurs ont eu une telle importance que c’est à travers eux que les gens se jugeaient les uns les autres. Le statut social comptait plus que la gentillesse, la bonté, le sens de l’humour, la générosité, la loyauté par exemple. Bien sûr, ils appréciaient également ces qualités. Mais, le statut social, c’était important. Et la parole, la manière de s’exprimer est un élément qui détermine le statut social.

film sur le statut social

SUIS-JE PLUS SNOB EN FRANCAIS ?

La réponse est oui.

 

Je pense que j’ai une réaction physique, une réaction émotionnelle à certains mots de la classe ouvrière ou de la classe aisée parce que je pense que je m’inquiète de ce que les gens peuvent penser de moi par association avec d’autres lorsqu’il s’agit de relations intimes. J’ai plus de préjugés en français que dans d’autres langues.

 

Je veux me libérer de ce phénomène. Je veux pouvoir considérer les Français comme je considère les étrangers, quelle que soit leur façon de parler. Je ne veux pas être aveuglée par une façade. Je veux voir au-delà.

 

Ce n’est qu’une théorie sur la raison pour laquelle je suis plus snob dans ma langue maternelle. Certainement, il y a d’autres raisons qui peuvent me pousser à avoir des préjugés.

 

Dans l’ensemble, il est vrai que le français est plus significatif pour moi parce que c’est ma première langue. Il est plus porteur de sens. C’est comme les insultes. Elles sont plus choquantes pour moi en français, donc je vais être plus grossière dans les langues étrangères que dans ma langue maternelle.

 

Il en va de même pour dire « je t’aime ». Dire « je t’aime » en français est beaucoup plus significatif et donc plus difficile à dire. Cela a plus d’importance.

 

Mais mon dilemme ne porte pas seulement sur des mots particuliers appartenant à des registres de langage extrêmes, mais sur la langue elle-même. Par exemple, j’ai beaucoup de mal à écrire en français, à envoyer des SMS en français. Parfois, j’ai l’impression que le français est trop formel.  Je trouve l’anglais beaucoup plus décontracté, par exemple.

 

Avant de déménager en Irlande, j’étais très timide et j’avais du mal à être moi-même. Souvent, le fait de déménager vous donne l’occasion de vous montrer sous un jour différent. De la même façon, parler une langue étrangère m’a permis de me sentir plus libre.

 

Mon neveu, qui a changé d’école il y a quelques années, m’a dit qu’il aimait être libéré de tout ce que les gens savaient de lui. Il pouvait se réinventer. Je ne veux pas dire qu’il s’est inventé une nouvelle personnalité. Mais il s’est libéré des attentes et des jugements des autres.

 

C’est vrai que vivre à l’étranger m’a permis d’échapper aux contraintes de ma culture, et de la culture de la langue de ma famille. Maintenant, je veux travailler là-dessus et me reconnecter à ma langue. Je veux pouvoir me libérer de ces contraintes dans ma propre langue.

 

C’est drôle parce qu’une des personnes de ma famille qui s’est libérée de ces contraintes et qui ne se souciait pas de ce que les gens pensaient, c’est ma grand-mère maternelle. Elle détestait toutes les règles quand elle était petite, elle voulait être « une paysanne » je la cite, ce sont ses mots.

 

C’est vrai, elle disait : quand j’étais petite, je rêvais d’être une paysanne. Elle a adopté un mode de vie simple et, plus tard, elle a acheté une ferme et était très proche de la nature. Elle avait des amis de tous les milieux sociaux. Elle ne se souciait pas d’avoir des vêtements à la mode, elle ne se souciait pas de la façon dont elle parlait. Je veux suivre son exemple. Je veux me sentir aussi libre dans ma langue maternelle que dans les langues étrangères.

Dites-moi ce que vous en pensez, et si vous vous sentez plus contraint dans votre langue maternelle ou dans votre pays d’origine ?



Petit rappel : il est encore temps de rejoindre le défi des 30 jours pour le mois de mai et mon cours gratuit le 14 mai 

Les références de cet épisode :

* L’article de la BBC et le reportage vidéo sur David Beckham

https://www.bbc.com/news/uk-england-22179969

 

* La vidéo de Jordan Peterson :

 

 

This is a 1 hour vocabulary lesson in FRENCH based on the EPISODE 22 of my podcast Connect 2 French.

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Language level: pre-intermediate and Intermediate
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The pack contains:
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J’espère que ce pack vous sera utile 😉

Nolwenn Gautier

Prof de français depuis 2010

Ici, je vous propose de réfléchir à  comment développer une relation positive avec le français et les langues en général.

Je vous propose aussi tout un tas de ressources pour apprendre le français.

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